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Kermorvan · Ère napoléonienne

L'Ombre de l'Aigle

Armand de Kermorvan

Armand de Kermorvan

Agent spécial de la République, Toulon, 1793

Breton né à Quimper en 1764, Armand de Kermorvan mesure 1m93 à une époque où le soldat moyen en mesure 1m65. Regard gris ardoise, froid et évaluateur. Il entre dans une pièce et fait l'inventaire avant de parler : les sorties, les visages, les mains, ce qui est à sa place et ce qui ne l'est pas. Les hommes qu'il regarde trop longtemps finissent par détourner les yeux.

Ni soldat ni policier, il opère là où la loi ne suffit plus. Il parle quand il a quelque chose à dire, agit avant d'expliquer, et note tout dans un carnet relié en cuir noir — observations, suspects, noms de tous les morts depuis sa première campagne. Son code de justice n'est pas toujours légal. Il est toujours le sien.

Anton Schwarz

Anton Schwarz

Sergent-major, cryptographe et agent de renseignement

Alsacien né à Strasbourg en 1763, fils d'un commerçant strasbourgeois, Anton Schwarz a grandi entre deux langues et deux façons de voir le monde. Commis principal dans une maison de négoce de draps, il a appris à lire quatre langues, à tenir des registres et à trouver des informations dans des endroits où personne d'autre n'aurait pensé à chercher. Ce sont ces mêmes systèmes logiques qui lui permettent de déchiffrer les codes.

Saliceti le présente à Kermorvan sans cérémonie : « Il parle peu. Considérez ça comme une qualité. » Schwarz confirme immédiatement la qualité en question. Un simple « Citoyen lieutenant » à Kermorvan. Ce fut tout. Ses armes ne sont ni les explosifs ni les sabres. Ce sont la patience, l'observation, la psychologie et l'information. Il pose ses documents sur la table dans un ordre précis, toujours le plus important en dernier. Il ne dit jamais « je pense ». Il dit « les informations indiquent » ou « le recoupement suggère ».

Pas d'agenda, pas d'ambition personnelle, pas de convictions politiques exprimées. Il évalue, il décide, il fait. Dans l'ombre de Kermorvan, il en est le cerveau silencieux.

Angélique Duchemin, veuve Brulon
Nom de codeSergent Liberté

Angélique Duchemin, veuve Brulon

Nom de code : Sergent Liberté

Soldat de la république

Rôle: Sergent-major du 42e régiment d'infanterie

Angélique Duchemin, veuve Brulon — dite « Sergent Liberté » — n'est jamais venue à Toulon. Pourtant elle hante le Chapitre XI du Feu de Toulon comme une ombre bretonne surgissant des hauteurs d'Ollioules.

Née à Dinan en 1772, fille et épouse de soldats, Angélique Duchemin s'engage dans le 42e régiment d'infanterie après la mort de son mari en Corse — pour le remplacer, simplement.

Elle y devient caporal, caporal fourrier, puis sergent-major. En 1794, blessée des deux bras au fort Gesco, elle repart à minuit chercher des munitions à travers les assaillants. Ses hommes signeront un témoignage collectif : « elle s'est battue avec nous avec le courage d'une héroïne. »

Dans Le Feu de Toulon

Dans Le Feu de Toulon, Kermorvan la croise brièvement sur les hauteurs — une fausse piste, une Bretonne qui fume la pipe et ne baisse pas les yeux.

Elle est innocentée aussitôt. Mais elle laisse quelque chose derrière elle : une façon de voir juste sur celui qu'il cherche.

Personnage historique

Personnage historique réel, elle sera en 1851 la première femme décorée de la Légion d'honneur — par Louis-Napoléon Bonaparte, fils du général qu'elle n'a jamais pardonné. Elle mourra aux Invalides en 1859, vêtue de son uniforme.

Elle était bretonne, comme Kermorvan. Il m'a semblé juste de lui offrir cette page.