The siege of Toulon of 1793
Lorsque l'on évoque Napoléon Bonaparte, beaucoup pensent immédiatement à Austerlitz, à la campagne d'Égypte ou encore à Waterloo. Pourtant, quelques années auparavant, un événement beaucoup moins connu allait changer le destin de la France... et celui d'un jeune capitaine d'artillerie âgé de seulement vingt-quatre ans.
Cet événement, c'est le siège de Toulon, en 1793.
C'est également le décor du premier roman de la série KERMORVAN — L'Ombre de l'Aigle, Le Feu de Toulon. Avant de suivre Armand de Kermorvan au cœur de cette ville en guerre, voici quelques repères historiques pour mieux comprendre ce qui s'est réellement passé.
La France est en plein chaos
Nous sommes en 1793.
La Révolution française a renversé la monarchie, mais le pays est loin d'être pacifié. À l'intérieur, les royalistes souhaitent le retour du roi. À l'extérieur, plusieurs grandes puissances européennes — l'Angleterre, l'Espagne, l'Autriche ou encore le royaume de Sardaigne — veulent mettre fin à la Révolution.
La France doit donc combattre sur plusieurs fronts.
Pourquoi Toulon est-elle si importante ?
À cette époque, Toulon est le plus grand arsenal militaire français en Méditerranée.
On y construit et entretient les navires de guerre de la République. Celui qui contrôle Toulon contrôle une grande partie de la puissance navale française.
Les Britanniques l'ont parfaitement compris.
Les royalistes livrent la ville
À l'été 1793, une partie de la population toulonnaise, hostile au gouvernement révolutionnaire, ouvre les portes de la ville.
Une flotte britannique, rapidement rejointe par des navires espagnols, napolitains et piémontais, entre dans la rade.
Pour la jeune République, c'est une catastrophe. Une partie de sa flotte passe sous contrôle ennemi.
Un jeune officier va tout changer
Parmi les officiers envoyés pour reprendre Toulon se trouve un capitaine d'artillerie presque inconnu.
Il s'appelle Napoléon Bonaparte.
Contrairement à beaucoup de ses supérieurs, il comprend rapidement que la clé de la victoire ne se trouve pas dans un assaut frontal contre la ville. Il faut d'abord contrôler les hauteurs qui dominent la rade.
Si l'artillerie française peut tirer sur les navires britanniques, ceux-ci seront contraints d'abandonner le port.
Cette idée paraît simple aujourd'hui. À l'époque, elle est brillante.
La bataille décisive
Pendant plusieurs semaines, les combats sont acharnés.
Les soldats républicains installent leurs batteries d'artillerie sous le feu ennemi. Le fort de l'Éguillette et celui de Balaguier deviennent les objectifs principaux.
Lorsque ces positions tombent enfin entre les mains des Français, la flotte britannique comprend qu'elle ne peut plus rester.
Les Anglais évacuent Toulon dans la nuit du 18 au 19 décembre 1793, après avoir incendié une partie de la flotte française pour éviter qu'elle ne soit reprise.
La ville est libérée.
La naissance d'une légende
Pour Napoléon Bonaparte, cette victoire est un tournant. Il est promu général de brigade.
Quelques années plus tard, il deviendra l'un des plus grands chefs militaires de l'Histoire.
Tout commence véritablement à Toulon.
Pourquoi ce siège me passionne
Lorsque j'ai commencé à écrire Le Feu de Toulon, je ne voulais pas simplement raconter une enquête pendant la Révolution française.
Je voulais plonger le lecteur dans une ville assiégée, où chaque rue peut devenir un champ de bataille, où les espions côtoient les soldats, où les civils tentent simplement de survivre.
Le siège de Toulon offre un décor exceptionnel : des combats urbains, des affrontements navals, des complots politiques, des rivalités militaires et l'émergence d'un jeune officier promis à un destin hors du commun.
C'est dans ce contexte qu'évolue Armand de Kermorvan, entraîné malgré lui dans une enquête qui le conduira sur les traces d'un mystérieux assassin connu sous le nom de « Le Faucheur ».
Une page d'Histoire qui mérite d'être redécouverte
Le siège de Toulon n'a duré que quelques mois. Pourtant, ses conséquences ont été immenses.
Il a permis à la République de conserver son principal arsenal méditerranéen. Il a révélé le talent d'un jeune Bonaparte.
Et il constitue aujourd'hui encore l'un des épisodes les plus fascinants de la Révolution française.
C'est précisément cette période, à la fois violente, passionnante et méconnue, que j'ai souhaité faire revivre dans Le Feu de Toulon, premier tome de la saga KERMORVAN — L'Ombre de l'Aigle.
Bonne lecture... et bienvenue en décembre 1793.
