Skip to content
Behind the scenes of Vecteur Fantôme : Erwan Le Garrec's jungle training
← News

Behind the scenes of Vecteur Fantôme : Erwan Le Garrec's jungle training

Alors que la rédaction de Vecteur Fantôme se poursuit, je vous propose aujourd'hui un court extrait du roman.

Avant les événements de Kourou et le lancement du satellite IRIS, Erwan Le Garrec suit un stage de survie dans la jungle amazonienne. Une expérience qui marquera durablement l'homme qu'il deviendra.


Guyane française, 1978, Dix ans plus tôt

Il ferma les yeux. Et la Guyane revint d'un bloc.

Il avait vingt-deux ans. Fraîchement sorti de Saint-Cyr, encore pétri de doctrine militaire et de certitudes propres. Le stage s'appelait Épreuve de Survie Jungle, mené par une unité de la Légion étrangère dans une zone classifiée du sud de la Guyane, entre Maripasoula et Saül. Deux semaines sans radio, sans GPS, armés d'un MAS 49/56 et de ce qu'on avait dans le crâne.

Ils étaient dix au départ. À la fin, ils seraient deux.

Le sergent-chef de la Légion, un Hongrois taciturne nommé Boros, visage taillé à la hache, yeux gris comme du gravier mouillé, les avait regardés descendre de l'hélico un par un avec l'expression de quelqu'un qui a déjà vu la fin de l'histoire.

— Ici, l'homme ne domine rien. Vous n'êtes pas chez vous. Et vous allez vite l'apprendre.

Programme : marcher, survivre, observer, endurer. Ration de départ : un quart de bol de riz par jour et les rations de survie de l'armée, dont les biscuits étaient aussi tendres qu'un menhir breton par temps de gel. Repos : à même le sol. Moustiques : omniprésents, carnivores, sans état d'âme.

Le troisième jour, son ami Régis se plia en deux.

Régis, originaire de la Croix-de-la-Mouche, un bourg perdu du centre-Bretagne où même les corbeaux font demi-tour avant d'arriver. Grand, brun, épaules larges, une cicatrice au menton depuis ses quinze ans suite à une chute de Ciao qu'il racontait différemment selon les jours. Un gars rempli d'entrain qui voulait servir la France « autrement », la bouche remplie de certitudes et le ventre déjà débordant de doutes.

Ce jour-là, son visage avait la couleur du ciel avant l'orage.

— Alors Régis, tu as l'air d'avoir gobé un lézard par le mauvais côté, dit Erwan en jaugeant sa mine.

Régis grimaça.

— Si ce n'est pas un coup de bambou, c'est autre chose. J'ai comme un poignard dans le bide.

L'adjudant médecin, surnommé « le Sorcier », ancien de l'Indochine, quatre-vingt-dix kilos de nerfs et de certitudes, se pencha sur lui avec l'air d'un comptable vérifiant une colonne de chiffres.

— Bon les enfants, c'est l'appendicite. Il faut l'opérer en urgence, sinon notre Régis ne passe pas la nuit et on va devoir le porter en guise de petit bois.

[...]

Le quatorzième jour, un battement de rotor traversa la canopée. Personne ne réagit immédiatement. Après deux semaines, même une extraction ressemble encore à un mirage. Puis les regards se levèrent. Et cette fois, personne ne douta.

Bilan : huit kilos perdus chacun. Infections cutanées. Un certificat tamponné Légion. Et un regard qui ne reviendrait jamais à ce qu'il avait été.

Depuis, la Guyane n'était plus un territoire exotique.

C'était un territoire hostile.

Il le connaissait.

Il le craignait.

Il le respectait.


À propos de Vecteur Fantôme

Vecteur Fantôme est le prochain roman de la saga Section Omega.

Juin 1988. Alors que la France s'apprête à lancer le satellite IRIS, dernier maillon du programme secret PROMÉTHÉE, une série d'anomalies discrètes attire l'attention de la DGSE. Derrière les procédures impeccables du Centre Spatial Guyanais, Erwan Le Garrec découvre peu à peu un sabotage d'une sophistication exceptionnelle.

Entre espionnage technologique, guerre froide et opérations clandestines, Vecteur Fantôme entraînera le lecteur des salles de contrôle de Kourou jusqu'aux zones d'ombre où se jouent les véritables affrontements entre puissances.

Parution prévue : décembre 2026.