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Angélique Brûlon : la Bretonne qui osa devenir sergent sous la Révolution
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Angélique Brûlon : la Bretonne qui osa devenir sergent sous la Révolution

Lorsque l'on évoque les grandes figures militaires de la Révolution française, les noms de Bonaparte, Hoche ou Jourdan viennent immédiatement à l'esprit.

Pourtant, l'Histoire a parfois laissé dans l'ombre des destins tout aussi extraordinaires.

Celui d'Angélique Duchemin, plus connue sous le nom de veuve Brûlon.

Une Bretonne au destin hors du commun

Née à Dinan en 1772, Angélique grandit dans une famille de soldats.

Son existence bascule lorsque son mari est tué en Corse.

À une époque où les femmes n'ont évidemment pas leur place dans l'armée, elle prend une décision qui paraît impensable : elle rejoint son régiment afin de remplacer son époux disparu.

Ce geste, né du devoir plus que de la recherche de gloire, marque le début d'un parcours absolument exceptionnel.

Une femme qui gagne le respect des soldats

Au sein du 42ᵉ régiment d'infanterie, Angélique ne bénéficie d'aucun privilège.

Elle partage les marches, les bivouacs, les combats et les privations avec ses compagnons d'armes.

Son courage lui vaut rapidement le respect de ses supérieurs comme de ses hommes.

Elle gravit progressivement les échelons jusqu'au grade de sergent-major, un fait presque inconcevable pour une femme à cette époque.

Une héroïne sur le champ de bataille

En 1794, lors des combats du fort Gesco, Angélique est grièvement blessée aux deux bras.

Beaucoup auraient quitté le combat.

Elle choisit pourtant de repartir, au cœur de la nuit, traverser les lignes ennemies pour rapporter les munitions indispensables à son unité.

Ses compagnons signeront plus tard un témoignage collectif particulièrement émouvant :

« Elle s'est battue avec nous avec le courage d'une héroïne. »

Une phrase qui résume à elle seule la femme qu'elle était.

Pourquoi apparaît-elle dans Le Feu de Toulon ?

Dans mon roman, Angélique Brûlon apparaît brièvement au détour d'un chapitre.

Historiquement, elle n'a jamais participé au siège de Toulon. Je ne souhaitais donc surtout pas réécrire l'Histoire.

J'ai simplement choisi de lui rendre hommage.

Une reconnaissance tardive

Le destin d'Angélique ne s'arrête pas avec les guerres révolutionnaires.

En 1851, elle devient la première femme décorée de la Légion d'honneur, distinction remise par Louis-Napoléon Bonaparte.

Elle s'éteindra quelques années plus tard, aux Invalides, vêtue de son uniforme militaire.

Pourquoi je tenais à lui rendre hommage

L'écriture d'un roman historique est aussi l'occasion de remettre en lumière des personnages que les livres d'Histoire évoquent parfois en quelques lignes seulement.

Angélique Brûlon est de ceux-là.

Bretonne comme Armand de Kermorvan, elle incarne le courage, la fidélité à ses compagnons et cette force tranquille qui traverse les siècles.

Même si elle n'a jamais foulé les rues de Toulon, il m'a semblé naturel de lui offrir une place dans Le Feu de Toulon.

Parce que les grandes histoires sont aussi faites de femmes et d'hommes que le temps a presque oubliés.